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Verone Print E-mail
ImageLe trio parisien emmené par Fabien Guidollet nous propose une musique qu'on a du mal à comparer ou à raccrocher à un style. Une voix rare, des chansons aux influences folk mais enrichies de bidouillages électroniques jamais gratuits, des ambiances fortes... Sans même s'en rendre compte, Verone est en train d'inventer quelque chose de nouveau dans le paysage de la pop française.

La musique de Verone apparaît d’abord fragile et lumineuse comme du verre traversé de soleil,striée par les guitares en apesanteur, saupoudrée de frôlements de cymbales et de violoncelles.
Mais que le soleil tape un peu trop fort, et elle plonge sous la glace d’arrangements synthétiqueset de beats métronomiques dans des ténèbres mystérieuses, peuplées d’animaux fantastiques et
de fumées de feux indiens.


Habile alchimie d’influences diverses, « Retour au zoo » est le premier album d’un groupe qui fuit la facilité pour mieux séduire ceux qui aiment se laisser bercer par la langueur d’un écho de lapsteel ou par des sonorités liquides artificielles. Chacun des dix morceaux respire à son rythme, permettant à l’auditeur de glisser pendant quelques instants à la surface de ce monde agressif, saturé de bruit et de brutalité... et de l’oublier. Après plusieurs années d’expérimentations, Fabien Guidollet et Delphine Passant ont atteint leur équilibre grâce à la complicité de Stéphane Auzenet, qui amène rondeur et assise à leur pop aérienne matinée d’électro et d’un soupçon d’Americana.


Forts d’un premier enregistrement sous la houlette de Daniel Presley (Spain, Dionysos, Cali…), les Parisiens auraient dû sortir dès 2001 un album à la saveur boisée du folk qu’ils exploraient depuis 1997, creusant le même sillon que Nick Drake ou The Walkabouts. Ils jouent souvent en formation semi-acoustique, seuls ou en premières parties (Grandaddy, Mickey 3D, Autour de Lucie…).

 Mais le trio à géométrie variable rêve déjà d'autre chose. « Négociation, dépréciation, comment faire quand rien ne sort de bon… » la chanson « Retour au zoo », qui donne son titre à ce premier album de Verone, témoigne de leur envie d'explorer de nouveaux horizons.

Toujours sensibles à la magie de Mazzy Star, ou à l’univers imagé de Gérard Manset, redécouvrant les vertus des sons synthétiques de Kraftwerk mélangés au psychédélisme d’un Tangerine Dream presqu’oublié, Fabien et Stéphane s’aguerrissent au maniement des ordinateurs, samplers et autres boîtes à rythmes qui vont désormais accompagner les guitares et le banjo de Delphine. Du coup ils se repositionnent dans le présent et inventent un univers tout neuf pour leurs chansons.

 L’important est de créer une atmosphère qui donne son identité propre à Verone, tantôt rêvant à l’infini d’un désert parsemé de cactus, tantôt glacée dans les hautes altitudes d’un zénith sans nuage.
Côté scène, la rencontre avec Thibauld Mazire, plasticien laqueur touche à tout et vidéaste à ses heures, marque une étape décisive dans l’évolution du groupe. L’absurde et l’esthétique se télescopent dans une recherche commune sur le sens à donner à ses prestations scéniques. Le tournage et la projection de vidéos deviennent autant d’occasions de remettre en perspective les textes de Verone et son image, jusqu’ici plutôt sombre. On les voit ainsi jouer de plus en plus régulièrement à Paris, aux côtés d'autres groupes à l’imaginaire décalé comme Julien Ribot, Ben’s Symphonic Orchestra…

Les textes tout d’abord mélancoliques ("Alaska", "Cherokee") évoluent eux aussi vers quelque chose de plus mystérieux ("Jericho", "Derrière le ciel"), voire complètement surréaliste("Caméléon", "J’ai vu des chevaux sous la mer"). Fabien adapte son phrasé à de nouveaux découpages rythmiques, fait jouer sa voix sur le fil du rasoir qui sépare murmure, parlé et envolée.
Sa retenue, exemplaire, le pousse même à s’effacer derrière la voix de Sandra Escamez ou le délicieux accent de Yumi Kuribayashi sur certains morceaux.

C’est ainsi que de rencontre en rencontre (citons également Natacha Tertone, Cyril Guillanneuf et Romain Viallon de Luke, Sammy Decoster d’Ultra Orange qui ont participé à l’enregistrement, Tom Fury d’Alpha Jet qui a co-produit l'album et les accompagne aujourd'hui à la batterie), Verone prend de l’assurance et sort un premier maxi en 2002, distribué par Pop Lane, aujourd'hui épuisé. Le label French Touche édite au printemps 2004 "J’ai vu des chevaux sous la mer" dans sa collection Chansonpoche.

A peine le mixage de l’album terminé (on reconnaîtra le parti pris aérien de Yann Arnaud qui a déjà travaillé avec Air et Sébastien Schuller), le jeune label Martingale propose à Verone d’apporter la touche française qui manque à son catalogue.

Le temps pour Jean-Michel Tixier (déjà remarqué pour ses illustrations pour Syd Matters ou Sébastien Tellier) de terminer une pochette sournoisement psychédélique, et voilà "Retour au zoo", le premier album du groupe, précédé d’un maxi autour de la chanson du même titre, avec la participation de leurs amis de Cocosuma. On peut également découvrir la face féminine de Verone grâce à Orso Miret, qui a choi-si "Tout est léger" chanté par Sandra Escamez pour son film "Le Silence".

Verone/Retour au zoo
Verone/Retour au zoo
Price: 16,00 €

 

 

 

 

 

 

 

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