mardi 18 mars 2008






Bienvenue !



Ce blog est dédié au tango argentin, au travers des collections sonores et visuelles de la Médiathèque de la Communauté française de Belgique (asbl).
Le but poursuivi est de proposer des pistes d'écoutes pour découvrir le tango argentin dans son histoire - des origines à Piazzolla - ainsi que dans les productions actuelles.

Il est repris sur le site de la Médiathèque sous l'onglet "Découvrir / Le temps d'un tango".



Points de repères du blog

Médiagraphie

Acquisitions récentes de la Médiathèque
- Sélection 2006
- Sélection 2005


Thématiques
-Le bandonéon


Une brève histoire du tango

1. Introduction
2. Quelques repères historiques
3. Les origines du tango et la Guardia vieja
4. La Guardia nueva et le Décarisme
5. Le tango canción et Carlos Gardel
6. Apogée des orchestres, apogée de la danse
7. Le tango et Astor Piazzolla

Pour écrire cette histoire, je me suis appuyé sur plusieurs livres et sites Internet qui sont référencés dans le chapitre "Médiagraphie".

Et d'autres rubriques complèteront petit à petit ce blog...




.



Médiagraphie

Pour avoir accès à tout ce qui concerne le tango à la Médiathèque, dans l'onglet "Emprunter" (à gauche dans la page d'accueil), écrivez "tango" dans la case "Descripteur". Ou bien cliquez sur ce lien pour un accès direct : http://www.lamediatheque.be/med/index.php .


Vidéographie

Il existe une importante filmographie sur le tango, malheureusement non disponible en Belgique. Seuls sont distribués quelques films, récents, dont la liste ci-après reprend ceux dont le thème est le tango ou ceux intégrant le tango dans une scène, ainsi que quelques documentaires.


Cinéma de fiction

Tango
Saura, Carlos

Leçon de tango (La)
Tango Lesson (The)
Potter, Sally

Tangos, l’exil de Gardel
Tangos, el exilio de Gardel
Solanas, Fernando

Je ne suis pas là pour être aimé
Brizé, Stéphane

Assassination Tango
Duvall, Robert

Tango des Rashveski (Le)
Garbaski, Sam

Tangotango
Buyens, Frans

Bal (Le)
Scola, Ettore

Dernier tango à Paris (Le)
Bertolucci, Bernardo

Temps d’un week-end (Le)
Scent of a Woman
Brest, Martin

True Lies
Cameron, James

Acrobate (L’)
Pollet, Jean-Daniel

Demoiselle d’honneur (La)
Chabrol, Claude



Cinéma documentaire

Nosotros
Martinez Vignatti, Diego

Tango, le temps d'une danse
Costantini, Philippe

Carlos Gardel
Spivak, G.

Raul Barboza – El sentimiento de abrazar
Di Florio, Silvia

Buenos Aires
Collection le Guide du Routa rd
Vercaemer, Damien

Voyage avec l’accordéon
Lafont, Gérard

… et aussi d’autres documents sur l’Argentine !



Documents musicaux

Buenos Aires, días y noches de tango
1 : Domingo / Barrio
2 : Lunes / Cafetín
3 : Martes / íntimo
4 : Miércoles / Joven Guardia
5 : Jueves / Orquesta
6 : Viernes / Milonga
7 : Sábado / Bohemia

Copes Tango Copes : el musical
Copes, Juan Carlos

Astor Piazzolla in Portrait
Piazzolla, Astor

Next Tango (The)
Piazzolla, Astor

Piazzolla forever (en concert)
Galliano Septet, Richard

Revancha del tango en concert (La)
Gotan Project



Des cours de tango
…bien que rien de tel que de suivre des cours in vivo !

J’apprends à danser
Le tango argentin
Barinet, Robert

Viens danser - tango argentin
La milonga
Martin, Marie Claude

Viens danser - tango argentin
Le tango milonguero
Martin, Marie Claude


Des sites sur le tango

L'information de ce qui se passe en Belgique, où suivre des cours, où danser :
Tango en Belgique
http://www.milonga.be/

Tango à Bruxelles http://www.marisayoliver.com/fr.home.html

Plus orienté vers la région flamande http://www.tango.be/

En Argentine : http://www.elportaldeltango.com/, http://www.todotango.com.ar/parmi beaucoup d'autres.

Une radio du tango : http://www.la2x4.com.ar/ émet 24 heures sur 24.



Quelques livres sur le tango

Petite sélection de livres en français :

Michel Plisson - Tango du noir au blanc (éd. Actes Sud, 2001) voir aussi MG2203
Pierre Monette - Le guide du tango (éd. Triptyque, 1991 - épuisé)
Horacio Salas - Le tango (éd. Babel n°111, 1989 en français, et 1986 éd. espagnole)
Nardo Zalko – Le tango, passion du corps et de l’esprit (éd. Les essentiels/Milan, 2001)
Nardo Zalko - Paris Buenos aires un siècle de tango (éd. Le Félin, 2004)
Antonio Pau - Tango, musique et poésie (éd. Christian Pirot, 2006)
Henri Deluy et Saúl Yukievich – Les Poètes du Tango (éd.Poésie/Gallimard, 2006)


En grand format :

Collier, Cooper, Azzi et Martin¡ - ¡ Tango ! (éd. La Martinière, 1995 – épuisé)
Jean-Luc Thomas - Tangos (éd. Solar, 2004)
Pierre Lombardi - Invitation au tango (éd. Du Collectionneur, 2005)




.

lundi 3 mars 2008



Les acquisitions de la Médiathèque

Le tango d'aujourd'hui - sélection 2006

Cette nouvelle fournée comprend principalement des albums de tango de facture traditionnelle.

À tout seigneur tout honneur ! «On Air», concert live du Sexteto Mayor, enregistré en 2003 en Allemagne. Juste pour rappeler que José Libertella – un des deux fondateurs de cet orchestre mythique – est décédé à Paris depuis deux ans (8 décembre 2004) lors de leur tournée en Europe. Malgré tout – the show must go on ! – le concert au Bozar eut lieu à la fin décembre 2004. Moment d’émotion : son bandonéon déposé sur un tabouret et recouvert d’une écharpe blanche…

Hommage de l’élève à son maître, pour le centième anniversaire de la naissance d’Osvaldo Pugliese, l’Orquesta Color Tango édite en septembre 2005 «Pugliese inedito».
À la demande de la veuve, une dizaine de tangos ont été sélectionnés à partir des derniers travaux du maestro et aménagés dans le style qui lui est propre. Cinq autres tangos composés dans le même esprit par Roberto Alvarez clôturent cet hommage.

Un autre album, «Yunta brava» mélange morceaux connus et inédits, tel «Troileana», hommage à Anibal Troilo de Daniel Lomuto, neveu de Francisco Lomuto.

Extrait musical : Solfeando

Ce CD est édité avec la participation d’Eduardo Espinoza qui a chanté dans l’orchestre de Pugliese.
Dans la bonne continuation de Color Tango, la plupart des morceaux sont dansables.

De Pugliese à Pugliese…«Etapas» de Beba Pugliese a le rythme bien marcado à la Pugliese (Osvaldo, le père). Dans une ambiance tantôt tango, tantôt jazzy, Beba interprète au piano quelques morceaux bien enlevés. L’album reprend quatre tangos écrits par son père, dont le fameux «Recuerdo» joué en public et chaleureusement applaudi.
Plutôt à écouter, mais quelques titres conviennent à la danse.

Dans «Pasión en tango», le Sexteto Neotango exécute la musique de Jaime Wilensky, pianiste et compositeur contemporain. Sa musique est déjà interprétée par divers orchestres, notamment dans un autre «Pasión en tango». L’album que nous vous présentons ici est la réédition d’un des quatre CD originaux.
Interprétation contemporaine, au son particulier, parfois un peu musette.
À danser.

Pour suivre, le Sexteto Neotango d’Andrés Linetzky invite, parmi d’autres musiciens, Nestor Marconi, dans son album «Cromatico». Les interprétations rappellent un peu le Sexteto Mayor. Le répertoire passe du traditionnel à des compositions propres au groupe ou aux invités ou encore à celles de Jaime Wilensky.
Plus à écouter qu’à danser !

«La Vida y la Tempesta» de Carla Pugliese fut enregistré lors d’un concert à Tokyo en 2004. Elle y joue du piano et dirige son orchestre, tout comme sa mère et son grand-père avant elle. Quelques compositions personnelles se mélangent à des thèmes très connus. De temps en temps, elle introduit sans trop en faire synthétiseurs et autres instruments électroniques.
À danser.

Autre orchestre dans la lignée de l’Orquesta Color Tango, Vale Tango dirigé par Andrés Linetzky. Cet ancien élève d’Horacio Salgán fait partie du «Gran Orquesta Tangovia Buenos Aires» qui rassemble les plus importants interprètes du tango d’aujourd’hui en Argentine. Ceux-ci à leur tour font partie ou dirigent d’autres orchestres.

Dans l’album «Bardi», l’orchestre Vale Tango joue des oeuvres d’Agustín Bardi, violoniste, pianiste et compositeur de la Guardia nueva.

Extrait musical : Gallo Ciego

Nous lui devons plusieurs tangos toujours présents dans les milongas (bals où l’on danse le tango), tels «Nunca tuvo novio» ou «Lorenzo» ou encore le fameux «Gallo ciego».

Autre album de cet orchestre, «Danza maligna», musique du spectacle du même nom créé par Silvana Grill et Fabian Luca. Par l’expression du tango - danse, musique et voix - ils nous invitent à une réflexion sur cette danse maligne, pleine de séduction et d’amour…
Ces deux albums sont très dansables.

L’orchestre Vale Tango a aussi participé à la musique du film «Assassination Tango» de Robert Duvall.


La Guardia Jóven

Un regroupement de formations musicales semble se dessiner aujourd’hui : la Jeune Garde. Avec le renouveau du tango depuis une dizaine d’années et son expansion mondiale, artistes compositeurs, arrangeurs, musiciens et chanteurs foisonnent en Argentine. Parmi beaucoup d’autres formations orchestrales, nos collections vous proposent Orquesta típica Imperial, Orquesta El Arranque ou La Chicana et un nouveau venu…

L’Orquesta típica Fernandez Fierro, une douzaine de jeunes, quatre bandonéons, trois violons, viole, violoncelle, piano, voix, dirigé par Yuri Venturín à la contrebasse. L’interprétation et les arrangements sont d’une part ancrés dans les racines du tango et, d’autre part, dans une recherche avant-gardiste, mais qui préserve rythme et mélodie.

Leur premier album, «Envasado en origen», a été enregistré fin 2001. L’interprétation rappelle celle du Color Tango et, en effet, Roberto Alvarez y interprète un solo au bandonéon (plage 5).

Extrait musical : Comme il faut

Le répertoire va de la Guardia vieja à Osvaldo Pugliese, avec une composition propre «Waldo» et, dans «Yo payador», Horacio Ferrer (lettriste de Piazzolla) récite un texte de sa composition.
Leur second album, «Destrucción masiva», datant de 2003, est dans la même lignée, quoique la recherche musicale amène parfois à un manque de clarté et donne l’impression d’en faire trop. Le répertoire va du traditionnel à quelques compositions propres.
Les deux albums sont dansables.

Autre formation qui oscille entre traditionnel et avant-gardisme, le Cuarteto Almagro qui ajoute en plus un brin d’ironie dans son album de 2001 «Hemisferios» avec, par exemple, des morceaux comme «Cosmotango» ou «Pantera Tanguera» ! L’interprétation est enlevée. Chacun des musiciens apporte ses compositions et/ou arrangements, avec en plus trois titres de Piazzolla. Le cuarteto se compose de Alfredo Tape Rubin, voix et basse, Fabrizio Pieroni au piano, Juanjo Mosalini (fils de Juan José) au bandonéon et Leo Weiss au violon.
La plupart des compositions sont dansables.

Alfredo Tape Rubin chante et joue de la guitare avec les arrangeurs Adrián Lacruz et Mariano Heler dans l’album «Reina noche». Des ballades en forme de récital ! Se retrouvent ici, comme dans l’album «Hemisferios», plusieurs compositions dont «La Marilyn» et « Lysou ».
Cet album s’écoute volontiers en fin d’après-midi !

L’album « A las orquestas » du Julio Pane Trio, auquel se sont adjoints quelques musiciens, offre une interprétation bien enlevée, mais qui reste sensible et équilibrée. Deux compositions sont de Julio Pane dont le jeu du bandonéon peut rappeler celui d’Olivier Manoury notamment dans le solo de bandonéon « Interludio ». Une autre est de José Colángelo (pianiste invité).
En bonus track, la reprise jazzy du titre de l’album « A las orquesta ».
Cet album est plus à écouter qu’à danser.

Osvaldo Montes au bandoneón et Anibal Arias à la guitare visitent le répertoire du tango de la Guardia vieja à nos jours dans « Tango para todo el mundo ». De leurs arrangements émanent une présence et un enthousiasme tels que l’on croirait entendre plus de deux musiciens ! Ils ont joué dans quelques grands orchestres depuis les années 50.

Une voix agréable, forte et sensuelle caractérise Lina Avellaneda, interprétant tangos célèbres et compositions personnelles (co-écrites et arrangées avec des membres de son groupe).
Dans son septième album, « Silueta porteña », les instruments l’accompagnent et lui répondent avec la même fougue.

Extrait musical : El milagro

Lina Avellaneda, cousine de Julio Pane, a fait des études de chant, d’harmonie et de composition, mais aussi d’écriture – neuf prix de poésie !
Un récital à ne pas rater si elle passe dans les environs…

Le sexteto Ciudadanos del Tango existe depuis 1983. Il a accompagné entre autres Libertad Lamarque, Nelly Vasquez ou Roberto Goyeneche.
L’album « Melodía de Arrabal » est inspiré du spectacle « Conciertotango » des chorégraphes et danseurs Alicia Orlando et Claudio Barneix. Carlos Varela y chante deux tangos.
L’interprétation musicale est plus dans le style traditionnel et classique que dans celui, plus marqué et impétueux, de l’Orquesta Color Tango ou de l’Orquesta típica Imperial.
Ce disque est très dansable.


Pour terminer, deux incursions dans l’électrotango…

La première, « Bandoneón » est une compilation d’interprétations de Melingo à Supervielle (Bajofondo Tango Club) en passant par celles de Nuspirit Helsinki. Ce panorama de l’électrotango reprend en majeure partie des compositions personnelles en français, anglais ou espagnol aux rythmes latino, électroniques et même rap, comme sur les plages 8 et 9.

Deuxième incursion, « Tango Electronico » du groupe Le Tango.
Sous-tendus par une boîte à rythmes, ce sont des tangos parmi les plus connus qui sont retravaillés, avec quelques compositions de deux musiciens du groupe.
L’album manque cependant de relief, sans doute trop axé sur la boîte à rythmes !














Le tango d'aujourd'hui - sélection 2005

Aujourd'hui, deux courants se dessinent dans l'évolution du tango : d'une part l'expression musicale avec les instruments de musique traditionnels et, d'autre part, celle mettant en jeu des « boîtes » électroniques. Nous allons illustrer ces deux tendances au travers une sélection de médias que la Médiathèque a importés d'Argentine cet automne 2005, via la firme ZIVALS.


La continuité

Le premier se place dans la continuité du tango de la « Guardia nueva » ou de l'école décarienne. Compositeur et chef d'orchestre, Julio De Caro a, au début des années 1920, rénové la musique en en fixant des règles d'orchestration et en y apportant quantités d'innovations, donnant ainsi à la musique une part entière, alors qu'auparavant, elle était l'accompagnement du chant et de la danse.Les orquestas típicas, les trios ou duos actuels revisitent le répertoire du passé tout en apportant aussi leurs propres compositions. Les oeuvres sont interprétées de façon plus mélodieuses, les arrangements ont plus de caractère et accentuent les différences de rythmes, ce qui donne un phrasé plein d'élan et de retenue.

Pour illustrer ce mélange d'arrangements de tangos traditionnels et de compositions propres, commençons par le dernier arrivé sur scène : l'Orquesta Típica Imperial, avec deux excellents albums dédiés à la danse.

« La máquina tanguera » date de 2003 et « Ruidos molestos », sorti en août 2005, ne dément pas les promesses du premier.

Extrait musical : A Salvador Allende

Avec trois bandonéons, trois ou quatre violons, un violoncelle, une contrebasse, un piano et un chanteur, la musique est puissante et bien marquée, ménageant des respirations entre les envolées. Osvaldo Pugliese n'est pas loin ! L'Orquesta Color Tango non plus !

Autre orchestre de notre temps, El Arranque, fondé en 1996. Il est lui aussi típica : deux bandonéons, deux violons, piano, contrebasse et voix. Ses arrangements sont un peu plus doux, plus sentimentaux sinon romantiques, plutôt dans le style du Sexteto Mayor : les violons sont parfois bien présents !
Après un premier album, « Tango » sorti en 1998, voici quatre albums récents : « Cabulero » sorti en 2001, « Clásicos » en 2002, « En vivo » en 2003 et « Maestros » en 2004. La sélection des oeuvres balaie largement le répertoire traditionnel mais comprend aussi des oeuvres d'aujourd'hui. Dans « Maestros », quelques maîtres sont invités et El Arranque interprète leurs compositions. Cet album est tiré du spectacle « Tangos de los inmigrantes » joué à Gênes, capitale culturelle en 2004. Les compositions se prêtent cependant plus à l'écoute qu'à la danse.

L'Orquesta Color Tango a débuté en 1989, avec des musiciens issus de grands orchestres argentins, comme Roberto Alvarez (chef d'orchestre et compositeur) qui a joué douze ans dans l'orchestre d'Osvaldo Pugliese. Il y a acquis un style clair et bien marqué, tout en gardant un son mélodieux.
Après un premier album « Color tango » sorti en 1990, il a fallu attendre 2001 pour qu'arrive ici le double album « Con estilo para bailar ».
Résultat de cinq ans de travail et de tournées à travers le monde, ces deux volumes « pour danser » balaient le répertoire du tango des origines – Eduardo Arolas et Julio De Caro – à nos jours avec des compositions de Roberto Alvarez, en passant par Pugliese et Piazzolla – entre autres compositeurs des années 1940/50.

Le troisième volume « Tango a Pugliese - Con estilo para bailar, vol.3 » est paru en 2004, titre éponyme d'un morceau composé par Alvarez. Cet album reprend les mêmes ingrédients : fougue, envolées et retenues mènent la danse !

Extrait musical : Los mareados

C'est un projet commun qui a réuni le chanteur Siro San Román et l'Orquesta Color Tango et qui a donné l'album « …y fuimos nuestros ». San Román chante depuis cinquante ans, il est passé entre autres dans les orchestres de Hector Varela et Alfredo Gobbi. Le répertoire est principalement celui des années 1940/50 et l'interprétation vocale est typique de cette époque.

D'un autre genre est l'album « Tangos » de l'harmoniciste Hugo Díaz, ( MG4033; MG2122; MG2204; YT0823; K 2508), à ne pas confondre avec le Hugo Díaz bandonéoniste ! (MG4030, MG4031, MG4032, MG5186, MI3550) Dans cet album sorti en 2001, l'harmonica remplace le bandonéon, dans un style très jazzy. Le piano de José Colángelo y contribue aussi en total connivence et symbiose avec Hugo Díaz. Le Toots Thielemans argentin !

Autre harmoniciste, autre style aussi, plus conventionnel, « La armonica del tango » de Luis Salto date de 1994. Tantôt en trio, tantôt en orchestre, les musiciens jouent un répertoire connu. L'interprétation y aurait gagné avec un jeu de l'harmonica – chromatique - plus simple, avec moins de trilles.

La Chicana est un groupe bien différent. Leur musique est plus populaire, presque toujours chantée, avec des textes de composition, souvent d'un mélo ironique. Cette musique se rattache à celle de la « Guardia vieja » du tout début du 20ème siècle et en ce sens, elle se démarque du tango actuel. Quand les rythmes sont ceux du tango, ils le sont dans le style canyengue, plus chaloupé. Sinon, ce sont ceux du folklore argentin, chacarera, gato, estilo, chamamé ou zamba.
Le groupe est fondé en 1996 par la chanteuse Dolores Solá, Acho Estol (guitariste, arrangeur et voix) et Juan Valverde (flûte et clarinette). Et selon les circonstances, d'autres musiciens s'y ajoutent.
La Chicana a déjà à son actif quatre albums : « Ayer hoy era mañana » édité en 1997, « Un giro extraño » en 2000, « Tango agazapado » en 2004 et « Canción llorada » en 2005.


L'électrotango

L'autre courant est résolument novateur, en prise avec la musique « jeune », par l'utilisation des techniques électroniques : synthétiseurs, boîtes à rythmes, samplers… Cela donne un large éventail de différentes musiques, avec des influences venues de la musique électro-acoustique au jazz, du pop rock au hip hop jusqu'à la variété…
En parallèle, la danse évolue avec la recherche de nouvelles figures, de nouveaux pas, inspirés entre autres des danses actuelles.
Bien plus que le tango « traditionnel », l'électrotango doit se laisser apprivoiser, par les oreilles (d'abord) sinon par le corps.

Premier en Europe, le Gotan Project est créé en 1999 à Paris par des musiciens français et argentins. Un album sort en 2001 : « La Revancha del Tango », mixage de tango et de jazz passé au travers de l'électronique. Une tournée mondiale – plus de deux cents concerts – offre à de nombreux publics une musique et un spectacle tranchant résolument avec les spectacles existant depuis une vingtaine d'années.

En même temps, à Buenos Aires principalement, de jeunes musiciens venant d'horizons musicaux divers sont à la recherche de nouvelles sonorités pour le tango.

Parmi les groupes qui se forment, le premier a être connu chez nous est « Narcotango » de Carlos Libedinsky.

Extrait musical : Vi luz y subí

Il définit son album (sorti en 2003) comme la rencontre profonde entre le tango et l'atmosphère musicale électronique de notre temps : « A l'heure où seulement quelques couples restent sur la piste de danse, et que la magie visite la milonga, quand les corps sont enivrés de danser des heures durant, et que nous ne voulons pas que la nuit s'achève, à cette heure naît Narcotango. A cet instant je commence à imaginer cette musique. A ce moment, le pouvoir narcotique du tango confirme une fois de plus que je suis entré dans cet univers duquel il est difficile de sortir, parce que le tango génère une sensuelle et puissante addiction. »
Voilà qui est bien dit ! Une musique du bout de la nuit ! C'est bien le reflet de ce courant musical, du moins pour la plupart de ces groupes.

Les deux albums suivants nous viennent du groupe Tanghetto. Celui-ci s'est formé en 2001 à l'initiative de Max Marsi et Diego S. Velázquez, déjà à la recherche de sonorités électroniques depuis 1997. Ils sortent en 2004 « Emigrante », inspiration des paysages urbains de Buenos Aires. Hommage à la “culture du déracinement'', inspiré par les émigrants qui ont dû abandonner leur terre natale pour des motifs politico-socio-économiques. Entre autres influences, la deuxième plage, « Una llamada », rappelle le Concierto de Aranjuez.
L'autre album, sorti en 2005, « Hybrid Tango », se définissant comme tango cosmopolite, se veut une fusion entre le nouveau tango argentin et le flamenco, le jazz, l'électro-acoustique, la bossa nova ou la candombe.

Au départ d'un duo créé en 1987 à Buenos Aires, Daniel Almada et Martin Iannaccone ont au cours des années, échangé par courriel leurs idées, recherches musicales – l'un en Argentine, l'autre en Europe. Finalement réunis en Europe avec d'autres musiciens, ils enregistrent l'album « Tango Crash » et le finalisent à Buenos Aires en 2003. Au départ de thèmes traditionnels et de compositions propres, la musique évolue dans tous les sens, utilisant aussi bien le saxo ou les percussions que le bandonéon, dérivant de sonorités jazziques ou planantes (à la Weather Report) vers des musiques électro-acoustiques, avec des fragments de discours, voix déformées, etc.

Autre groupe, le « Bajofondo Tango Club » se définit comme un collectif représentant l'expression sonore portègne (de Buenos Aires) du nouveau millénaire : tango et électronique, dans la même démarche que, par le passé, le tango était l'expression de la rue. Tous les titres de l'album (sorti en 2002) sont des compositions originales, alliant instruments traditionnels, voix et synthétiseurs.

D'un autre côté… « Otros Aires » se veut un projet électro-archéologique créé en 2004 entre Barcelone et Buenos Aires.

Extrait musical : Milonga sentimental

Les titres de l'album sont composés à partir de fragments de tango du début du 20ème siècle mixés à des séquences électroniques, des mélodies et des textes actuels, le tout soutenu par un bandonéon bien présent.

Si le bandonéon est aussi présent dans l'album « Evolution tango » de Sergio H. Bermejo (Malevo Sound Project, 2004), la formation musicale passée - house et techno - de son auteur se fait sentir, en contrepoint d'une influence piazzollienne. Dans la première plage, une voix de femme rappelle Pink Floyd (Dark Side of the Moon). C'est le neuvième album auquel Bermejo participe.

Fernando Montemurro a composé en 2004 les thèmes de l'album « Buenos Aires Tango Beat ». Un album très électronique : synthétiseurs et samples de voix sont en contraste avec un piano et un bandonéon, lui-même repris en boucle.

Enfin, « Tango » du groupe Debayres est le premier fruit (2004) de leur recherche parmi toutes les musiques du monde. L'album comprend des chansons (en plusieurs langues) et des instrumentaux. Cela oscille entre musique électronique, disco, variété, sur un rythme tango (parfois). Le groupe définit sa musique comme électrofusion.

Il reste encore à indiquer un groupe norvégien, Electrocutango, qui a sorti en 2004 l'album « Solena ». Toutes le compositions sont originales, mêlant instruments classiques, voix et un peu d'électronique. Leader et pianiste, Sverre Indris Joner a déjà créé en 1990 le quartet « Tango for 3 » avec Juan José Mosalini au bandonéon.
Bientôt en collection.


Le bandonéon


Appelé aussi « el fueye », le souffleur.
Il a été inventé par un Allemand au milieu du 19e siècle, pour remplacer les orgues des petites églises qui en étaient dépourvues. Il serait peut-être déjà arrivé à Buenos Aires en 1863, dans les bagages d'un Suisse, ou en 1870 par un Brésilien, ou un Anglais en 1884. Il semblerait aussi qu'un marin allemand en ait vendu en 1900 à La Boca (quartier portuaire de Buenos Aires, lieu mythique de la naissance du tango).

Peu importe ! En 1910, il avait conquis le tango et trouvait sa place dans tous les orchestres, où il r