Agé de 25 ans, le vervietois TAR ONE alias Thomas Rapsat, est littéralement tombé dans la culture hip-hop il y a plus de dix ans. Le rap en est son style de prédilection. TAR ONE est ce que l’on appelle aux Etats-Unis, un “student of the game”, c’est à dire qu’il en étudie la culture, en apprend l’histoire, écoute, analyse, décortique. TAR ONE vit le hip hop et cela transpire dans ses 17 morceaux. Il y met ton son coeur dans des textes parlant de la société, du monde, des Etats-Unis mais aussi de sujets plus personnels en abordant avec honnêteté différents aspects de sa personnalité, de ses faiblesses, de ses idéaux, de sa vérité et qui touche aussi l’intimité comme dans le touchant “Papa”. La richesse et le talent des invités est également à souligner, qu’ils soient membres de Starflam, champions DMC en scratch, etc. L’humour, les formules chocs et une certaine poésie font bon ménage, les ambiances soulful, les flows, les interprétations passant du chuchoté au crié, du fluide à l’écorché, du technique acrobatique ou simple, du léger au solennel font de ce premier essais, un album pensé, dense et cohérent à la fois !
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Tar One/A la première personne CD
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Etant le rédacteur de mon propre dossier de presse, le choix de ne pas parler de moi de façon dithyrambique à la troisième personne « comme si de rien n'était » s'est vite imposé. Je vais donc vous parler en mon nom à travers cette brève (hum… bon d'accord, pas très brève en fait) présentation de mon parcours et de cet album que je sors après environ 5 ans de travail passionné et acharné. ...Né le 27 avril 1980 à Verviers (B), j’atterris sur cette planète dans une situation assez particulière ; en effet, je suis le fils de Pierre Rapsat (RIP), chanteur fort populaire en Belgique. Je grandis malgré tout de façon assez normale vu que loin de la capitale, du show-biz et de la jet set, le tout sans manquer de rien mais sans rouler sur l’or non plus.
Je voue dès le plus jeune âge une passion intarissable pour tout ce qui se rapporte à la culture afro-américaine. Naturellement, le Hip Hop me fascine dès que mon radar le repère et je décide à 13 ans que c’est dans ce mouvement que je m’épanouirai, deviendrai quelqu’un et que je lui serai sûrement fidèle à jamais tant il me parle (une intuition d’ado naïf qui s’avèrera pourtant prémonitoire). C’est à cette époque que ma collection de K7 s’étoffe malgré l’énorme difficulté de s’en procurer, que j’adopte le pseudo Tar One que je tague maladroitement sur les murs de ma ville, qu’avec quelques copains je forme mon premier crew et que ma ceinture élit domicile bien bas sur mes hanches.
Après quelques essais infructueux, je décide en 96 de me lancer dans la pratique du rap avec mon acolyte Daex avec lequel nous lançons alors la première mouture de mon groupe, le Dope Skwad. Suivent des kilomètres de textes, les premiers concerts, les premières démos qui tournent dans les mains des potes, l’élargissement de l’effectif (arrivées de Double A et Négro Raï notamment) alors que Daex part vivre une parenthèse d’un an aux USA l’été 98. La vitesse supérieure enclenchée, nous sortons en avril 99 un premier Street-CD, participons aux Franc’off où nous connaissons un grand succès populaire, ce qui entraîne des scènes plus conséquentes, un deuxième Street-CD et une participation aux Francofolies, sur la scène officielle cette fois, rencontrant à nouveau un gros succès. Nous approchons de la vingtaine de moyenne d’âge, nous avons le vent en poupe et notre nom circule dans toutes les cours de récré des écoles secondaires de la région et le milieu liégeois commence à nous apprécier.
Commence alors une période plus difficile où d’ados populaires et insouciants nous devenons de jeunes adultes qui doivent trouver quoi faire de leurs vies et apprennent qu’une fois passée l’euphorie des débuts, il faut faire preuve de persévérance et décupler ses efforts pour arriver à quelque chose. Nous devons vite nous rendre compte que ce n’est pas facile et après un an chaotique, l’effectif devient ce qu’il est actuellement, à savoir composé de Daex, Double A, Négro Raï, DJ Aral et moi-même. Cette année 2001 connaîtra cependant un moment fort et pas des moindres ; jeune chômeur, je suis pris par le Centre Culturel de Dison comme stagiaire où j’organise pratiquement seul la troisième édition du festival Hip Hop Performance où nous nous produisons devant 800 personnes en compagnie de Kool Shen (ex-NTM) et de son crew 4 My People. Une sorte de rêve d’enfant réalisé qui permet d’échapper un temps soit peu à la morosité qui me gagne à l’époque. J’écris également mes premiers morceaux solos pendant cette période, sans aspirations particulières.
En juillet 2001 j’apprends que mon père est malade et que c’est incurable, ce que je dois garder pour moi pour préserver l’intimité d’un homme publique qui refuse qui plus est cette fatalité de toutes ses forces. Alors que je m’enfonce dangereusement dans la dépression, le rap me sert de bouée de sauvetage de fortune. J’écris beaucoup et nous travaillons avec mon groupe à une démo et essayons de faire en sorte de nous faire une petite place dans le milieu musical belge, affrontant la frilosité de celui-ci à l’égard du rap mais commençant cependant à nous imposer dans le mouvement Hip Hop à l’échelle nationale.
La nuit du 20 au 21 avril 2002 mon père nous quitte et le mois qui suit, nous finalisons une démo et je suis engagé dans l’agence artistique Musicolor où je végète pendant un an tout en en apprenant beaucoup sur les rouages du bizness musical belge. Alors que j’écris toujours des morceaux solos plus conceptuels ou personnels dans l’optique d’en faire un album plus tard, 2003 est une année primordiale pour le Dope Skwad : en l’espace de 12 mois nous écumons les scènes et radios spécialisées, sommes repris dans des projets tels que Première Prise et Ca Balance Pas Mal A Liège, raflons la 3ème place du concours des Franc’off (tous genres confondus), trois de nos membres mettent sur pied, avec l’aide de différents acteurs du mouvement, www.darealness.com , le webzine HH belge de référence dans lequel j’officiais sous le pseudo Donnie Darko, nous participons à d’importantes mixtapes françaises et belges, lançons la version 2.0 de notre site Internet (www.dopeskwad.be , bientôt suivie de la 3.0) et nous nous attelons à la conception de notre premier maxi.
Ce dernier, comprenant 4 titres, intitulé Rimes En Ombres et sorti en autoproduction à 500 exemplaires s’avère être l’élément moteur de notre année 2004. Il nous sert de carte de visite et d’introduction dans l’industrie du disque et cette expérience nous apprend 1001 leçons. Plus de radios, d’invitations sur divers projets, de concerts (dont les mémorables Fiesta Du Rock à Flémalle, Francofolies de Spa ou Streetlife 3 à Bruxelles), de rencontres, de connaissances accumulées. Je participe également au projet européen Etnika Hip Hop qui regroupe danseurs, musiciens, beatmakers et rappeurs de Belgique, France et Italie. Un spectacle présenté dans les trois pays et un CD en résultent. Ensuite je suis aussi invité sur le single Des Sourires Et Des Armes de Lau, formation Pop Rock de Laurence et Didier Dessers avec lesquels je me produis lors de la plupart de leurs représentations. Enfin, je travaille d’arrache pied sur mon album en compagnie de mon acolyte Avida Dollars dont je finis la conception fin 2006, alors que nous nous attelons déjà avec le groupe à la réalisation d’un premier album commun…
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