Trois ans après le splendide "A life on standby" offert par le groupe en 2004, le défi était de taille pour Vincent Liben et ses acolytes. Ils voulaient quelque chose de plus gai alors ils ont cherché ce qu'il manquait à leur précédent opus pour l'ajouter à celui-ci.
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Mud Flow - Ryunosuke
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Mud Flow a donc décidé de se montrer plus audacieux en étoffant les voix et les arrangements en général. C'est ainsi qu'ils se sont adjoints les services du claviériste Fred Donche.
Dès le titre d'ouverture, "My Fair Lady Audrey" (chanson qu'ils jouaient déjà lors de leur précédente tournée), on se sent emporté par une ambiance semblable à celle de l'album précédent. Nous voilà entraîné au sein du monde Mud Flow par un long titre (plus de huit minutes tout de même) aux tournures hypnotiques. "The Number One Play Of The Year" nous plonge dans une ambiance déchirante aux guitares fortes. La rythmique hypnotique emporte tout sur son passage. Le groove est superbe.
"Planes" retrace leurs dernières années de vie quelque peu troubles (temps mort entre deux tournées, changement de personnel et de manager) qui les a fait se remettre en question. Mais rassurez-vous, la tournée française les a remontés à bloc. La voix de Vincent se fait plus plaintive, voire lancinante, mais la mélodie reste forte. "Ryunosuke", titre qui vient du prénom d'un auteur nommé Ryunosuke Akutawaga dont Vincent s'est inspiré ici, nous conte une histoire où mort et viol règne. Pour recréer l'ambiance, ils ont fait appel à Satié Nagasawa pour des voix parlées.
Chez Mud Flow, l'adolescence se termine à la trentaine. Pas très "In Time" tout ça... La chanson parle de la crise que l'on passe alors en revivant avec nostalgie les folles virées. Vincent innove dans son chant pour se montrer finalement plus British. Voilà un bon single potentiel à la basse percutante même si l'on peut critiquer les "La la la" baignant dans la naïveté. Mais n'est-ce pas là le symbole d'une certaine adolescence ? Les guitares crissent pour un "Trampoline" rebondissant (normal, non ?). Cette chanson à double facettes finit pas s'incruster en vous, finissant en apothéose dans des arrangements mirifiques. Difficile de résister à l'approche de la touche replay.
Le single qu'il ont choisi est "Monkey Doll". Prenant des tons plutôt folk-rock, la chanson est plus carrée et relativement simpliste, sans doute pas la meilleure de cet opus. Les choeurs font à un moment penser à du Beatles époque "Magical Mystery Tour". "Waltz 1" affiche une certaine mélancolie sur un rythme de valse et des arrangements dépouillés. Vincent part dans les aiguës par moments alors qu'à d'autres l'ensemble des musiciens hissent la musique vers des terres progressives.
Sur "The Story Was Best Left Untold", Vincent nous parle de son père décédé entre deux albums. L'histoire est sombre et mélancolique. Les voix prennent de l'importance et les arrangements s'étoffent de bien belle manière sur le final. Enfin, "Shooting Star" parle encore de son père mais également d'une amie décédée dans un accident de la route, elle aussi à cause de la boisson. Voix sur accompagnement de piano en sont l'ossature. L'album se termine tout en mélancolie.
Avec ce nouvel album, les musiciens de Mud Flow ont voulu donner autre chose qu'avec "A life on standby". Moins sombre et plus étoffé dans les compositions, cet opus montre que le groupe a tous les atouts pour se faire une belle place sur la scène rock. Quant à savoir s'il est meilleur ou pas que le précédent, nous vous laisserons seuls juges mais ne vous arrêtez pas à une seule écoute car il gagne en intensité au fil des auditions.
Jean-Pierre Lhoir source:musicinbelgium.net Personne n'a encore commenté cet article. |