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Hemlock Smith Version imprimable Suggérer par mail
ImageHemlock Smith est le projet du chanteur, auteur et compositeur Michael Frei , basé à Lausanne . A la frontière entre rock, folk, pop et jazz, il raconte des histoires sombres, mais avec la distance de l'ironie et la chaleur d'un homme qui les a vécues.

Sa voix douce est un chant de nuit, parfois juste un murmure, presque issue d'un rêve éveillé.

Après un premier disque (A secret life, 2002 ) qui a glâné d'excellentes critiques et a été distribué en Europe et en Amérique du Sud, la longue attente se trouve justifiée par l'arrivée du deuxième album, « Umbrella Fitz & Gerald »   (à paraître en septembre, en Suisse et au Benelux), car c'est un petit bijou d'orfèvrerie pop, un savant mélange entre construction méthodique et hasards orchestrés.

Enregistré quasiment en live avec un quatuor orienté jazz et pop, divers ajouts (tel un quatuor à cordes et un dobro venant du blues) en font une musique très diverse, personnelle et originale.

Le disque a été mixé à Los Angeles (par Husky Höskulds , qui a notamment travaillé avec Tom Waits, Norah Jones, Sheryl Crow, Aimée Mann, Elvis Costello etc…) et mastérisé à Paris pour garantir une qualité de son optimale, à la fois intime et dynamique.

En live, Hemlock Smith est un quatuor, comprenant également Jacques Bevilacqua (guitare), Fabrizio Di Donato (claviers, chant) et Gérald Rochat (batterie), oscillant sans cesse entre poésie retenue et rage blanche. Une partie audio-visuelle, offerte par des cinéastes et créateurs romands, compléte la musique et contribue à la création d'un univers tout à fait particulier.


Ecoutez un extrait: 

 


 

 


Michael Frei parle du nouvel album "Umbrella Fitz & Gerald"

Comment as-tu abordé la préparation de ce deuxième album? Le son est assez différent du premier, non?

MF: Il y a eu plusieurs évènements marquants. D’abord, j’ai eu l’occasion, un peu par hasard, de travailler avec un trio de musiciens exceptionnels, Les Vautours, dont les membres sont d’éminents musiciens de studio, à l’aise autant dans le rock que dans le jazz.
(NdlR : Les Vautours = Julien Feltin, Marc Erbetta, Patrice Moret)
J’avais aussi envie de faire avancer la qualité de mes arrangements et, sachant que je n’y arriverai pas tout seul, j’ai demandé à mon vieux complice Fabrizio Di Donato, pianiste de formation classique, s’il était d’accord de m’aider. Son apport dans le processus de composition a été inestimable.
Puis, à cinq, nous avons enregistré une session unique de 4 jours et demi, et quasiment tout ce qu’on entend est né pendant ce laps de temps. Nous avons gardé un maximum de choses capturées « live » , au contraire du 1er disque qui dépendait beaucoup de boucles et du travail de post-production, des choses « non naturelles », donc.
En dernier lieu et au petit bonheur, j’ai envoyé un e-mail à mon ingénieur du son préféré, S. Husky Höskulds, un islandais vivant à Los Angeles. Il a travaillé avec énormément d’artistes internationalement connus (Tom Waits, Sheryl Crow, Aimée Mann, Norah Jones, Joe Henry, Elvis Costello, Ani Difranco etc…) et j’avais peu d’espoir qu’il accepte de mixer mon album. Mais non seulement a-t-il été d’accord tout de suite, il s’est aussi investi dans ce travail au-delà de mes espérances.. Son approche a été époustouflante et m’a permis d’atteindre encore un niveau supérieur.
Donc, en définitive, un ensemble de petites pièces de puzzle m’ont permis de créer quelque chose de différent. Cependant, sans l’apport de mes complices de toujours, Jacques Bevilacqua, Gérald Rochat, Roger Duperrex et surtout Chris Diggelmann, mon ingénieur du son et producteur, tout ceci aurait été vain. C’est eux qui m’ont aidé et guidé durant mes nombreuses périodes de doute.

Il y a aussi une différence de style musical, non?

MF: Oui. « A Secret Life » reposait beaucoup sur des ambiances, des climats, avec un côté un peu statique. Pour celui-là, j’ai essayé d’écrire de meilleures chansons, plus construites, plus resserrées et de les faire sonner de manière plus dynamique.
L’influence des musiciens venant d’horizons différents m’a aussi permis d’intégrer des choses nouvelles que je ne parvenais pas à maîtriser auparavant.

Comme le quatuor à cordes, par exemple… ?

MF: (rires) Le quatuor est une idée de Fabrizio. Nous avions le projet d’écrire une partie de cordes pour le morceau "Down Beat Bird" et il était d’avis que seul un véritable ensemble pourrait nous amener la qualité de sons que nous recherchions. Les samples et les synthétiseurs peuvent faire beaucoup de choses, mais en définitive ça reste des machines.
Moi qui regarde la musique "classique" un peu en chien de faïence, j’ai accepté presque malgré moi, mais je dois avouer que l’enregistrement de ce quatuor ainsi que le résultat final m’ont soufflé. En regardant aussi le professionnalisme de ces musiciens-là, j’ai réalisé à quel point j’avais encore beaucoup de choses à apprendre.

J’ai aussi été frappé par le fait que les influences trip-hop ont presque totalement disparues.

MF: En effet. En préparant l’album, j’ai beaucoup écouté de musique folk, car je voulais comprendre comment se construit une chanson simple, sans artifices de production, véhiculant une émotion. Et, par le biais des musiciens avec lesquels j’ai collaboré, le jazz a fait irruption dans la musique, sans coup férir.

Ce qui nous amène au titre, étrange, de l’album…

MF: Ah oui, évidemment. A l’origine, il devait s’appeler "In a coma", d’après l’ une de mes chansons préférées présentes sur le disque. En regardant la pochette que nous avions choisie, j’ai cependant réalisé que ce titre ne collait pas ; il donnait une dimension trop sombre au projet et ça ne correspondait pas à la réalité. Littéralement 24 heures avant que l’objet n’aille sous presse, j’ai donc imaginé quelque chose qui associe librement l’ironie présente dans mes chansons avec Ella Fitzgerald (le jazz) et F.Scott Fitzgerald (les livres). De ce délire est né un poème, assez bizarre, que j’ai inclus sur la pochette.

OK . Ces nouvelles influences se ressentent-elles aussi dans ta manière d’aborder le chant ?

MF: Tu as raison. Dans ce domaine, il y a des différences fondamentales entre le 1er et le 2ème album. Pour l’enregistrement précédent, j’étais très inquiet au sujet de mes capacités vocales et j’ai chanté de manière très retenue, prudente, contrôlée, pour ne surtout pas me tromper.
Quand je n’étais pas heureux avec le résultat, nous avons parfois un peu déguisé la piste de chant avec des effets assez trash et nous l’avons souvent un peu cachée dans le mix. Cette fois-ci, l’approche de Husky Höskulds a été presque opposée. Il a enlevé tous les effets et tours de manche qui avaient été prévus et a mis la voix très en avant. Je me présente donc de manière plus libre, moins calculée. Tous les défauts inhérents à ma façon de chanter sont donc clairement audibles, mais je crois que l’émotion est conservée.
J’ai eu un choc en entendant les mixes, mais je dois avouer que, positif ou négatif, cela correspond à ce que je fais, c’est un rendu honnête de ce que je peux accomplir aujourd’hui.

Et au niveau des paroles ?

MF: Oui, là aussi, il y a des choses nouvelles. Au départ, mes textes avaient toujours un côté très autobiographique, un peu nombriliste. Ecrire, c’était une thérapie, une façon de me sentir mieux. En préparant ce disque, je me sentais suffisamment bien et en confiance pour tenter d’aborder des chansons plus simples, des histoires parlant de gens précis (inventés ou pas).
Cependant, dans les derniers mois de labeur, divers évènements dans ma vie ont fait basculer ce projet. Entre autres, mon père est tombé malade, puis décédé, ainsi que mes grands-parents.
J’ai donc été rattrapé par le destin en quelque sorte, ce qui donne au résultat final une tournure plus grave et mélancolique qu’initialement prévu.

Je suis désolé de l’apprendre. Et maintenant, que va-t-il se passer ?

MF: Eh bien, nous allons faire des concerts avec ces nouvelles chansons, et je me réjouis. Nous avons demandé à des cinéastes que nous connaissons de nous donner des images afin de pouvoir illustrer nos chansons et de créer un spectacle visuellement attractif. Nous sommes en train de préparer cet aspect et j’ai hâte de voir le résultat.

Moi aussi. Dernière question. Tu as quarante ans, vingt ans de musique derrière toi, une femme, des enfants. Quelles sont tes attentes par rapport à cet album, par rapport à l’industrie du disque, aussi ?

MF: La question piège… Eh bien, je crois que je suis dans une situation aussi confortable qu’ambiguë. Je n’ai pas fait ce CD avec l’ambition première de gagner de l’argent, mais pour comprendre mieux qui je suis, pour raconter des choses qui me touchent. Et je voulais aussi m’améliorer musicalement, bien sûr. A ces niveaux-là, j’ai déjà réussi mon pari, je crois. Je ne sais pas si le disque va se vendre, car les voies du succès restent mystérieuses. Je suis conscient d’être en marge des préoccupations des grandes maisons de disques mais cela ne me préoccupe pas. Je ne vois d’ailleurs pas comment je pourrais travailler autrement. Pour moi, la musique est une passion, et non un graphique de marketing…
Je vais essayer de promouvoir ce disque au maximum et on verra bien…
D’ailleurs, en définitive, je crois que ce qui me pousse en avant après toutes ces années, c’est toujours l’ambition de composer un jour une chanson parfaite. Une seule suffirait à mon bonheur.

 


Download Pressbook:

Download exitmusic.zip (29 KB)
Download music.ch.zip (248 KB)

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