ELEPHANT LEAF est le dernier projet du duo Lucie Dehli/Stephan Ink. Stephan et Lucie se rencontrent à Paris en 1990 où va commencer la longue histoire de leur collaboration par la nécessité de se faire entendre sans aucun compromis. Cela donne tout d’abord naissance à VICIOUS CIRCLE « Barbed Wire Slides » un album qui laissera des traces chez les aficionados de la musique d’avantgarde " les mots peinent à exprimer le choc perdurable que représente la découverte de "barbed wire slides"...des années que je me prescris fréquemment l'écoute de cet album en boucles, sans arriver à une quelconque forme de désaccoutumance » et retient l’attention de France Culture.
Les deux français transportent leur monde déjanté de l’autre côté de la manche et Stevo, manager du mythique label Some Bizzare (Soft Cell, The The, Swans, Einstürzende Neubauten, Depeche Mode…) décide de signer cet album et de lui offrir une large distribution. Lucie et Stephan signent ensuite avec les Disques du Soleil et de l’Acier (France) une réédition de « Barbed Wire Slides » et 2 albums sous le nom de VIEW: « Bike Ride » et « Life Goes on Again ». Bike Ride, pourtant à mille lieues des standards commerciaux se retrouve dans les charts de la Fnac et dans les rangs des soirées de Bernard Lenoir, fortement recommandé par Lydie Barbarian, critique dans Libération et journaliste pour la BBC.
La voix de Lucie Dehli fait faire à View le tour du monde sur les compilations du Label allemand Hyperium, « Heavenly Voices », les plus belles voix de femmes. Emigrés en Belgique, à Liège, ils collaborent à un album de 48 Cameras dirigé par Jean-Marie Mathoul aux côtés de Rodolphe Burger (Kat Onoma). Dans le même temps, ils préparent la sortie de terre d’ELEPHANT LEAF, un combat puissant et libéré. «Nous avons vraiment pris possession de notre musique comme d’une matière. Nous savons ce que nous pouvons donner à notre public, cette masse émotionnelle, cette sincérité troublante qui touchent les gens dans ce qu’ils ont de plus secret et qui nous a fait peur à nous-mêmes pendant tant d’années ». La voix de Lucie, utilisée jusqu’alors davantage comme un instrument, vient prendre toute sa place et atteint une maturité, une force troublante teintée par les sonorités d'un jazz qu’elle cultive à travers d'autres projets. Les atmosphères lancinantes créées par Stéphane sont éclairées par les mélodies et les arrangements « enchantés » de son reflet féminin, rejoints par Bertrand de Lamalle à la guitare, une recrue fidèle à la finesse et à l’intensité du groupe. ELEPHANT LEAF signe en décembre 2006 pour un split album avec Legriot sur le label Canadien Chat Blanc. Ils fondent leur propre label Tutuguri, sur lequel sort l’album Emotional Power. Parallèlement, ils collaborent à un projet d’album avec les musiciens londoniens de SonVer.
Les Inrockuptibles
Emotional Power Electro Légère jusqu'au brûmeux, une musique qui se glisse sous les fenêtres
C'est un des plus flagrant oxymores de ce siècle : associer le mot "Elephant" à cette musique vaporeuse, d'une légèreté confinant au spectral – est-ce du folk lunaire, de l'électro primale ? Une musique composée à même l'hiver, où l'on entend distinctement les chûtes de flocons sur la fenêtre, le grésil qui carillonne, le givre qui tintinnabule. Inutile de préciser, donc, que le titre de l'album, Emotional Power, enfonce des portes béantes, tant cette musique ne s'adresse qu'aux frissons, comblés de tant de soins, de tendresse, de patience. Vétérans de l'électronique française, Lucie Dehli et Stephan Ink (anciens Vicious Circle et View) ont donc mis près de vingt ans pour patiemment, méticuleusemernt, obsessivement éliminer de leur musique tout le superflu, le clinquant, l'inutile, le bavard. Un lent et douloureux processus qui, aujourd'hi, débouche – entre autres chansons enchantées – sur Fur Bible, une merveille éternelle, sans âge et sans religion, fervente et contemplative, qui accompagnera une grande partie des frimas en les enveloppant avec bonté de coton, de laine et de taffetas. Cette chanson, à elle seule, aussi obsédante que les ballades infernales de Julee Cruise, Vashti Buynan ou Portishead, réchauffe à elle seule la planète, en l'enrobant de glace.
JEAN-DANIEL BEAUVALLET
soundslike.be:
'Emotional Power' is de eerste plaat van Elephant Leaf op het eigen label Tutuguri, dat ze begin 2007 oprichtten, maar het is voor de rest verre van het proefstuk van Lucie Dehli en Stephan Ink, van oorsprong van Parijs maar geëmigreerd naar Luik en dus een heel klein beetje Belgisch, zolang dat nog kan. Als Elephant Leaf brachten ze vorig jaar reeds een eerste (split-)plaat uit samen met Legriot. Dáárvoor releasten ze twee cd’s als View, waarvan de eerste in erg goede aarde viel bij lijstjes van FNAC en BBC en bij Bernard Lenoi, de Franse John Peel, en het eigenlijke debuut kwam er in de negentiger jaren als Vicious Circle met 'Barbed Wire Slides', een plaat die de nodige stempels wist te zetten in de avant-garde. Het overkomt me niet vaak en al zeker dit jaar niet, maar van Elephant Leaf leren houden is door de zure appel heen bijten. De cd begint zwak, maar net als ik er de brui aan wil geven flikkert EL enkele onverhoopt knappe staaltjes uit de mouw. Zo kan de arctisch dreigende strijker “Cao. Timbuctou And Mopti” moeiteloos op Klara, als dat een referentie mag zijn - ik bedoel het in ieder geval wel degelijk zo, en van dan af tot het eind is het smullen voor de arty farty neo-avantgardisten van deze wereld. Opvallend: terwijl een groep als Portishead, voor mij dan toch, veeleer troostend werkt, bevreemdt deze Leaf, maar ze verpakken het ten allen tijde mooi, en een songtitel als “Tender Gun In Your Silent Mouth” illustreert die griezelige dualiteit voor de volle honderd procent. Aan de warme volle wereldstem van Dehli, een instrument op zich, zal het niet gelegen zijn, maar misschien wel aan de bas van Bertrand de Lamalle, die zeer geïsoleerd staat van de rest van de sound, hoewel daar weinig reden toe is aangezien hij vrijwel nooit de lead neemt. Lucie Dehli en Stephan Ink hebben het veldje “sounds like” niet ingevuld op hun MySpace en dat is goed geprobeerd maar ze klinken wel degelijk als een aantal andere bands, wat eigenlijk heel normaal is als je triphop maakt, maar het gaat verder, en ik zou er the likes of Björk, Sinéad O’Connor, Attica Blues, Sigur Rós en Mazzy Star willen bijsleuren en zelfs volledig rekenschap nemen van deze driest lijkende parallellen. In ieder geval legt Elephant Leaf zeker voldoende persoonlijke accenten om vrij compromisloos zijn eigen ding te doen en toch te overleven.
adecouvrirabsolument.com:
Grande frustration des géotrouvetout, des rats de laboratoire, l’impossibilité de palper la musique comme une matière. Ils ont beau chercher ils auront autant de chance de trouver la formule miracle que de trouver une once d’humanité dans le regard de Brice de beauvot. Alors, comme la science gagne souvent à perdre son temps, car combien de bénéfice pour l’humanité en comparaison aux irrémédiables tâches dans l’histoire. Alors si vous avez un ami chercheur dans votre entourage, ne lui faites pas écouter Emotional Power, car Lucie Dehli et Stephan Ink se sont rapprocher au plus prêt de ce qui peut s’apparenter à un travail d’alchimiste. Le duo ne joue pas de la musique, non il l’a façonne comme un sculpteur attaque son bloc de granit. Cette musique est à l’image d’une goutte d’huile dans un verre d’eau, elle est contrariée par son environnement extérieur. D’une lenteur éléphantesque, le groupe a le bon gout de nommer un de ses titres phares faster. Expréssivité, flexibilité, élasticité (army of monkeys n’est pas sans rappeler Talk Talk, un arbre sur lequel les singes pourraient se reposer) Elephant Leaf arrive à modéliser une nouvelle matière, dont eux sont les seuls possesseurs, la matiére musique. Gageons que celle-ci ne sera pas la nouvelle patte à modeler d’un beauf canadien, car emotional power a une dialectique qui oscille entre la philosophie et le divin. Sculptons notre esprit.